Mon esprit s’est vidé, touché d’inconscience
Me faisant forain sur la route du ponant
Voguant comme on aime sans souci d’existence
Mes rides ont vieilli sous les assauts du temps
Je me suis approché d’une fleur d’innocence
Qui se laissait guider par la douceur du vent
Son parfum m’a mené aux portes d’insouciance
Où robe de raison se retire au levant
Je me suis accroché à ses larmes d’enfance
Trois perles de rosée déposées sur un banc
Je les ai ramassées comme on cueille une essence
Y noyant ma mémoire aux fontaines d’Alban
Aveuglé par l’aimée, j’ai chuté sans défense
Les ailes calcinées aux flammes de ses ans
Tel un ange déchu j’ai rangé mes croyances
Vaincu par la candeur qui m’a fui pour longtemps
Il me reste la mer pour unique présence
Son sel creuse sur ma peau mes rides au sang
Je m’évade en abysse et limé d’apparence
Le phoenix est bien mort, le cœur incandescent
Lanédo